«
Il faut dépasser le concept élitiste de culture entretenu dans la
société bourgeoise d'hier, concept centré sur la jouissance des grandes
oeuvres de l'art et de l'esprit et sur la transmission d'un type de
connaissances générales fournissant les codes de l'ascenseur social.
Tout autant que les fleurons de la créativité d'hier et d'aujourd'hui,
le domaine culturel englobe toutes les adaptations des groupes humains
aux conditions physiques, les types de réponses apportées par ces
groupes à leurs problèmes quotidiens, afin de se créer un demain.
La culture doit donc s'entendre, au sens plus anthropologique, comme «
l'ensemble des formes acquises de comportement dans les sociétés
humaines ». La culture doit également s'entendre en termes de projet,
pour une société riche de son histoire, mais aussi soucieuse de se
projeter dans un avenir. Nous touchons ici tous les environnements
humains y compris la culture matérielle et l'on perçoit le lien fort
avec l'organisation de la société. » (Extrait du chapitre 2 du Livre blanc pour la Wallonie)
[...]
«
Le temps du refus de négocier est révolu.
Il faut se préparer à négocier avec les Flamands, avec sérénité en
définissant nos revendications et en les faisant connaître.
Nous concevons le débat institutionnel sur base de 3 Régions et non plus de 2
communautés.
Nous refusons la dilution des institutions wallonnes dans une
fédération Wallonie-Bruxelles, nous voulons un redéploiement des compétences de
la Communauté française vers la Wallonie et Bruxelles.
Par voie de conséquence, nous adjurons les représentants flamands aux
négociations de favoriser la productivité de celles-ci en se
départissant désormais de l’emploi non réfléchi, entaché d’abstraction,
d’inexactitude, et démobilisant, du vocable « francophone »,
en lieu et place des seules reconnaissance et désignation utiles pour
les négociations à venir, à savoir celles de l’identité distincte de
leurs deux véritables interlocuteurs, qui sont des interlocuteurs
régionaux : l’interlocuteur wallon, d’une part, et
l’interlocuteur bruxellois, de l’autre.
La solidarité entre la Wallonie et Bruxelles ne peut avoir pour prix la
suppression ou l’occultation d’une des deux entités, mais elle doit, au
contraire, respecter l’identité et les intérêts propres des deux
populations.
L’institution communautaire francophone, basée seulement sur la langue
et la culture, est porteuse d’enfermement et de repli identitaires ;
elle constitue en elle-même un obstacle à l’harmonisation et à
l’accélération du redéveloppement régional.
Nous voulons trois Régions, chacune avec son identité propre, des
institutions cohérentes et la capacité de développer des coopérations
efficaces, car tissées entre des partenaires égaux. »
(Extrait de la conclusion du Livre blanc pour la Wallonie)