Le Coq hardi wallon de Pierre Paulus, photographie de l'original





« Il faut dépasser le concept élitiste de culture entretenu dans la société bourgeoise d'hier, concept centré sur la jouissance des grandes oeuvres de l'art et de l'esprit et sur la transmission d'un type de connaissances générales fournissant les codes de l'ascenseur social.

Tout autant que les fleurons de la créativité d'hier et d'aujourd'hui, le domaine culturel englobe toutes les adaptations des groupes humains aux conditions physiques, les types de réponses apportées par ces groupes à leurs problèmes quotidiens, afin de se créer un demain.

La culture doit donc s'entendre, au sens plus anthropologique, comme « l'ensemble des formes acquises de comportement dans les sociétés humaines ». La culture doit également s'entendre en termes de projet, pour une société riche de son histoire, mais aussi soucieuse de se projeter dans un avenir. Nous touchons ici tous les environnements humains y compris la culture matérielle et l'on perçoit le lien fort avec l'organisation de la société. »  (Extrait du chapitre 2 du Livre blanc pour la Wallonie)

                        [...]

« Le temps du refus de négocier est révolu.

Il faut se préparer à négocier avec les Flamands, avec sérénité en définissant nos revendications et en les faisant connaître.

Nous concevons le débat institutionnel sur base de 3 Régions et non plus de 2 communautés.

Nous refusons la dilution des institutions wallonnes dans une fédération Wallonie-Bruxelles, nous voulons un redéploiement des compétences de la Communauté française vers la Wallonie et Bruxelles.

Par voie de conséquence, nous adjurons les représentants flamands aux négociations de favoriser la productivité de celles-ci en se départissant désormais de l’emploi non réfléchi, entaché d’abstraction, d’inexactitude, et démobilisant, du vocable « francophone », en lieu et place des seules reconnaissance et désignation utiles pour les négociations à venir, à savoir celles de l’identité distincte de leurs deux véritables interlocuteurs, qui sont des interlocuteurs régionaux : l’interlocuteur wallon, d’une part, et l’interlocuteur bruxellois, de l’autre.

La solidarité entre la Wallonie et Bruxelles ne peut avoir pour prix la suppression ou l’occultation d’une des deux entités, mais elle doit, au contraire, respecter l’identité et les intérêts propres des deux populations.

L’institution communautaire francophone, basée seulement sur la langue et la culture, est porteuse d’enfermement et de repli identitaires ; elle constitue en elle-même un obstacle à l’harmonisation et à l’accélération du redéveloppement régional.

Nous voulons trois Régions, chacune avec son identité propre, des institutions cohérentes et la capacité de développer des coopérations efficaces, car tissées entre des partenaires égaux. » (Extrait de la conclusion du Livre blanc pour la Wallonie)

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Lettre ouverte au gouvernement wallon, novembre 2009

Madame, Monsieur le Ministre


Vous venez de boucler les budgets de la Région wallonne et de la Communauté Wallonie-Bruxelles.

À première vue, la Région wallonne participe pour environ 20O millions au refinancement de la Communauté Wallonie-Bruxelles.

Loin de nous l'idée de contester le refinancement de l'enseignement, et des autres matières relevant des compétences de la Communauté. Mais où est la participation de la Région de Bruxelles ? Si la Wallonie est la seule à contribuer, la Communauté Wallonie-Bruxelles n'est donc plus un espace de solidarité mais un espace de transferts unilatéraux.

Les prévisions budgétaires pour les années à venir ne présagent pas d'une amélioration de la situation. Il ne s'agit donc pas d'un financement ponctuel mais bien structurel et permanent, sans que la Wallonie ne puisse jamais, en contrepartie, maîtriser des leviers aussi importants que l'enseignement, notamment.

La Communauté Wallonie-Bruxelles sera, de par son mode de financement, toujours exsangue, et risque de coûter toujours plus cher à la Région wallonne.

Vous aviez promis une nouvelle gouvernance impliquant un maximum de transparence. Nous constatons que cette politique de transferts est au contraire plutôt occulte.

Cette confusion entre Région et Communauté a pour conséquence de nier la Wallonie qui, dans cette situation de crise, a au contraire besoin de maîtriser tous ses leviers, comme nous l'avons encore demandé récemment dans notre « livre blanc ».

Dans l'attente de votre réponse, nous vous prions d'agréer, Madame, Monsieur le Ministre, l'expression de notre haute considération.

Jean Louvet
Président du Mouvement du Manifeste Wallon,
Au nom des signataires et adhérents.



Cette lettre a été envoyée à chaque ministre, aucun d'entre eux n'a daigné répondre.
Un article de Paul Piret dans La Libre Belgique y fait écho :

Communauté-Région, confusion?

Paul Piret, mis en ligne le 05/11/2009
source : http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/540673/communaute-region-confusion.html

Des régionalistes wallons interpellent sur l’espèce de maintien relooké du paysage sudiste. Leurs questions méritent d’être posées.

Déclarations majoritaires semblablement charpentées, similitude des tops d’exécutifs, simultanéité des délibérations gouvernementales, intégration des budgets (pour ne pas dire: leur confusion, un terme plus adéquat mais moins flatteur), divers liens de "valorisation mutuelle" comme s’en prévaut le double ministre-Président Rudy Demotte (PS) La législature Olivier s’est à coup sûr enclenchée sur - comment dire? - une "incorporation" poussée et inédite de la Région wallonne et de la Communauté française.

Ce serait là, informelle mais naturelle, une concrétisation de la "fédération Wallonie-Bruxelles" suggérée naguère par M. Demotte et son homologue bruxellois Charles Picqué (en marge de la commission dite Busquin-Spaak, terminée en eau de boudin).

Quoique. Son principe partait des deux Régions, wallonne et bruxelloise, qu’il semblait consolider. En l’espèce, n’est-on pas plutôt face à un statu quo même amélioré du paysage institutionnel intrafrancophone, sur la structure binaire Région/Communauté duquel on ne cesse de s’interroger?

Toujours est-il que l’on était un peu étonné du mutisme des régionalistes wallons classiques, ou de ce qu’il en reste, depuis juillet. Est-ce, pour partie d’entre eux, d’être soulagés par le maintien du PS aux pouvoirs fédérés, qu’ils n’espéraient plus? Est-ce d’être bercés par la rhétorique de M. Demotte à l’espèce de langueur coutumière sinon calculée? Mais voici qu’au moins le Mouvement du manifeste wallon retrouve de la voix, par celle de son président, Jean Louvet.

Le dramaturge y va d’une "lettre ouverte au gouvernement wallon". C’est dans la foulée, inévitable, des travaux budgétaires. Donc, la Région wallonne participe pour environ 200 millions au refinancement de la Communauté, relève M. Louvet. "Loin de nous l’idée de contester le refinancement de l’enseignement et d’autres matières communautaires", poursuit-il. "Mais où est la participation de la Région de Bruxelles? Si la Wallonie est la seule à contribuer, la Communauté Wallonie-Bruxelles n’est donc plus un espace de solidarité mais celui de transferts unilatéraux". De surcroît, les prévisions budgétaires étant ce qu’elles sont, il ne s’agirait pas d’un financement ponctuel, "mais bien structurel et permanent, sans que la Wallonie ne puisse jamais, en contrepartie, maîtriser des leviers aussi importants que l’enseignement notamment".

Bref, la Communauté "risque de coûter toujours plus cher à la Région wallonne", au gré d’une politique de transferts "plutôt occulte". Cette "confusion" entre Région et Communauté, conclut le régionaliste bien trempé, "a pour conséquence de nier la Wallonie".

On laissera aux intéressés la responsabilité de leurs propos, forcément dominés par l’obsession de voir la Communauté française sinon supprimée, au moins privée de l’essentiel (ses compétences culturelles et scolaires).

Pourtant, objectivement, les questions posées ne sont pas sans intérêt. Voilà une organisation intrafrancophone retravaillée qui, jusqu’ici, n’a pas fait l’objet du moindre débat. Or, elle le mérite. M. Demotte a beau préférer "l’ordre du concret à la tuyauterie institutionnelle" (dans "La Libre" du 26/9), on ressent déjà combien la dynamique voulue d’une "fédération Wallonie-Bruxelles" (appellation encore incontrôlée) se heurte aux difficultés voire aux impossibilités - institutionnelles comme financières - pour les institutions bruxelloises d’y participer vraiment. Qu’il s’agisse de la Région-Capitale ou même déjà, voire surtout, de la Cocof qui est pourtant uniquement francophone

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 Apprendre le wallon avec l'aide des supports de la médiathèque ? Vous rêvez ! 

Savez-vous que la Médiathèque de la Communauté française ne propose qu'1 vieux disque pour apprendre le wallon ? Comparez avec les 35 pages de résultats d'une recherche pour l'anglais (plus de 600 médias), les 7 pages de résultats pour le portugais, et les 14 médias disponibles pour apprendre le suédois. Vous avez même le choix pour apprendre le breton (13 médias), le catalan (5 médias), le basque (5 médias)... C'est à peu près le même constat à la Médiathèque de la Province de Liège qui ne propose pas de CD pédagogique pour s'initier au wallon. Au Musée de la Vie wallonne, ils ne vendent pas non plus de CD pour apprendre le wallon, et quand on demande aux femmes de l'accueil si elles connaissent la date exacte de la Fête de Wallonie, elles l'ignorent.

pochette du CD pour apprendre le wallon (recto)pochette du CD d'apprentissage du wallon (verso)
Cliquez pour agrandir
Existe-t-il un seul CD pour apprendre le wallon ? Oui, c'est une initiative de M. Van Cauwenberghe du temps de sa présidence. Nous pouvons même voir sur la pochette la mention de « l'aide précieuse » de la Communauté française, de la Région wallonne et de la Province de Liège. Il a été vendu à la Fnac. Depuis lors, aucune trace.

Le courant régionaliste n'est pas mort, il est comme tétanisé par la négligence de la volonté politique. Pour rappel, le Parlement wallon et le Parlement de la Communauté française ont signé la Convention de l'UNESCO pour la défense du Patrimoine immatériel.

 

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 Calendrier 2009 distribué à 200 000 habitants, à Liège 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir :

"Calendrier des poubelles" 2009

Que nous dit-elle cette image ?

La date de la Fête de Wallonie est absente, elle devrait se trouver dans la case du troisième dimanche de septembre.

La Fête de la Communauté francaise est bien mise en évidence, avec une couleur rouge "officielle". Le coq wallon évoque très certainement la Wallonie et rend confuse la distinction avec l'emblême de la Wallonie, il n'y a qu'un pas pour attribuer à cette fête les vertus de la fête wallonne si l'on ne connaît pas le détail de sa signification.

Remarquez l'évocation des "Fêtes de Wallonie" dans la case du samedi 19. En somme, la seule mention d'une fête wallonne est là pour servir de cadre festif au Cortège de l'éléphant dans la ville. Cadre festif mentionné secondairement, de façon accessoire, sans couleur "officielle". Le cortège de l'éléphant étant l'information clé. D'ailleurs, le jour de la Fête de la Wallonie, la case comporte une indication spéciale sur le Spectacle Final, avec majuscule s'il-vous-plaît, comme dans l'orthographe anglo-saxonne. Bref, c'est ça l'événement le troisième dimanche de septembre, le "Spectacle Final" à la Caserne Fonck.

Qu'est-ce à dire ? Que ce calendrier a été conçu par des gens à destination de la population, distribué gratuitement à tous les foyers, à partir d'une information planifiée qui reprend les éléments significatifs de l'année 2009. Jours officiels, grandes manifestations, etc. Ce calendrier a été pensé dans ses moindres détails pour se rapprocher des gens.

Les seules fêtes officielles en septembre sont les Journées du Patrimoine et la Fête de la Communauté française, indiquées en rouge. La mention du "cadre des Fêtes de Wallonie" néglige non seulement l'indication de la date officielle, mais elle est aussi irrespectueuse du décret du Parlement wallon instituant la Fête de la Wallonie le troisième dimanche de septembre. Enfin, un événement  tout à fait secondaire, une exposition, est mise en exergue au détriment de l'emblême officiel de la Région wallonne. Pour rappel, cette fête est le plus important emblême wallon, il représente le peuple dans sa fondation identitaire, culturelle et politique. Il est l'expression d'un héritage durement conquis à destination des générations futures.

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1880 - 2009
200 millions d'euros
8 milliards de francs belges
pour payer une drôle d'addition :
1+1 = 1

La belle affaire communautaire !
Comme dirait l'autre,
On s'fét strognî è ç botique la.
Contact : wallonieimage de l'arobaseapinc.org

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