Calendrier
historique wallon - Novembre
3
novembre 1468, Liège brûlée et mise
à sac.
Liège fut mise à sac pendant le mois
d’octobre 1468 par Charles le Téméraire. Fou de
rage, ce monarque livra totalement la ville au pillage. Le 3 novembre,
le feu fut mis à la cité et à ses faubourgs.
L’incendie fut entretenu pendant sept jours. Après cette
destruction massive et systématique, il ne restait plus que
trente-deux maisons habitables.
La Wallonie, Le pays et les hommes. Histoire. Économies. Sociétés., HASQUIN H. (éd.), Vol. 1, Bruxelles, p. 362.
Déjà
en 1467, les troupes de Charles le Téméraire avaient
occupé Liège, mais les bourgeois se soulevèrent et
les chassèrent. L’année suivante, quarante mille
hommes sont revenus. Ils n’épargnèrent que les
églises et ceux qui y avaient cherché asile. Presque tout
le reste fut brûlé. Les habitants étaient abattus
dès qu’ils se risquaient en rue ou bien
précipités en grappe dans la Meuse pour y être
noyés. C’est lors de cet événement que
Charles le Téméraire fit transporter à Bruges le
Perron, colonne de bronze, symbole des libertés
liégeoises. Ce fut la fin de l’indépendance de
Liège qui se vit divisée en trois régions
dépendant chacune d’une ville bourguignonne
différente.
Mais, par la suite, Liège se
révolta de nouveau sous l’instigation de Louis XI, le roi
de France. Celui-ci fut malgré tout capturé et
obligé d’accompagner Charles le Téméraire
à Liège, à nouveau incendiée et
saccagée tandis que les habitants étaient noyés
dans la Meuse. Un peu avant, le 29 octobre, pendant que les deux
souverains résidaient dans le campement militaire
installé près de Franchimont, l’idée vint
à six cent Franchimontois (habitant de Verviers, Theux,
Pepinster, Spa) de les capturer au milieu de leurs soldats. La mission
échoua et ils périrent tous au milieu de leurs
adversaires.
Les Wallons, FONTEYN G., Bruxelles, p. 55.
«
Avant qu’il partist de ladite cité, furent noyez en grand
nombre de pouvrez gens prisonniers qui avoient esté trouvez es
maisons cachez à l’heure que ceste cité fut prinse.
Oultre fut délibéré de faire brusler ladite
cité, laquelle en tout temps a esté fort
peuplée… Et dès qu’il fut dehors de la
cité, il veit le feu en grant nombre de maisons au costé
deçà la rivière. Il alla loger à quatre
lieues de là. Mais c’estoit chose espouvantable
d’ouyr la nuyt le bruit que faisoient les maisons qui tumboient
et se reversoient… Son armée estoit en deux bandes pour
plus tost destruyre le pais, fis brusler toutes les maisons et rompre
tous les moulins à fer qui estoient au pays, qui est la plus
grand façon de vivre qu’ilz ayent ; et cerchèrent
le peuple parmy les grands fourestz où ils estoient cachez
avecques leurs biens et y en eut beaucoup de mors et de prins et y
gaignèrent les gens d’armes largement. »
Nouvelle histoire de Wallonie, GENICOT L., Bruxelles, p. 92.