Calendrier
historique wallon - Novembre
9
novembre 1886, suite aux émeutes de mars de la
même année,
la législation
devient moins arriérée
Des émeutes et des incendies d'usines ont
ébranlé la Wallonie au cours du mois de mars. Des gens
ont été tués ou blessés lors de fusillades
(à la verrerie Bougard à Roux). Cette grande explosion de
la colère populaire a sonné le glas de la totale
complicité des lois pour maintenir le peuple dans
l'arriération sociale la plus sordide. Ainsi paraît au
Moniteur belge du 9 novembre 1886 le texte suivant :
«
La situation des classes laborieuses est hautement digne
d'intérêt et ce sera le devoir de la législature de
chercher avec un surcroît de sollicitude à
l'améliorer. Il est juste que la loi entoure d'une protection
spéciale le faible et le malheureux. Il convient notamment de
favoriser la libre formation de groupes professionnels,
d'établir entre les chefs d'industrie et les ouvriers des liens
nouveaux sous forme de conseils d'arbitrage et de conciliation, de
réglementer le travail des femmes et des enfants, de
réprimer les abus qui se produisent dans le paiement des
salaires, de faciliter la construction d'habitations ouvrières
convenables, d'aider au développement des institutions de
prévoyance, de secours, d'assurances et de pensions et de
chercher à combattre les ravages de l'ignorance et de
l'ivrognerie. » (Discours du trône de 1886)
La
législation sociale démarra : versement de
l'intégralité du salaire en monnaie légale et non
en nature, limitation stricte du travail des femmes et des enfants,
établissement de règlements d'atelier précisant
toutes les modalités du travail, élaboration de
conventions collectives applicables à toutes les entreprises
d'un secteur, réparation des accidents de travail, repos
dominical. Et, en 1893, le suffrage universel se substitua au
régime censitaire.
Nouvelle histoire de la Wallonie, GENICOT L., Bruxelles, p. 190.