Calendrier
historique wallon - Octobre
20
octobre 1830, émeute contre le rail au charbonnage du Grand
Hornu
Les rails sont apparus au fond des mines anglaises de
charbon pour diminuer la main-d’œuvre
affectée au transport de la houille. En Wallonie,
c’est au directeur du charbonnage du Grand Hornu,
Degorge-Legrand, que revient l’initiative d’un
chemin de fer pour assurer le service extérieur du
charbonnage. Actif en août 1830, le rail permettait de
réduire le nombre des chevaux de 160 à 24.
À côté de cela, le coût de la
vie était élevé et les salaires des
mineurs avaient diminué. De plus, la tension
révolutionnaire était à son comble
contre le régime hollandais. Les mineurs avaient
porté main forte aux volontaires à Bruxelles.
À Mons, il y eu 11 tués et une trentaine de gens
blessés par l’armée le 19 septembre.
Furieux
de perdre leur gagne-pain avec la perspective du rail, les charretiers
de Jemappes excitèrent de nombreux mineurs. Ce fut la goutte
de trop. Le 20 octobre 1830, les mineurs détruisirent le
chemin de fer et pillèrent les ateliers, les magasins, les bureaux et les
habitations de Degorge et de son receveur. L’industriel ne
trouva son salut qu’en se réfugiant dans son
pigeonnier. Le lendemain, Charles Rogier, un avocat membre du
Gouvernement provisoire élu suite à sa bravoure
à la tête des révolutionnaires
liégeois, vint calmer les esprits. Apaisés, les
mineurs restituèrent les objets volés.
Quatre
mois plus tard, en janvier 1831, le chemin de fer était
remis en service sous la haute surveillance militaire d'un corps
armé de 230 hommes, d'une compagnie d’artillerie
de 30 hommes équipée de 6 canons. Quatre ans plus
tard, la traction par locomotive se substituait à celle par
chevaux (qui accusaient une mortalité
élevée).
La Wallonie, Le pays et les
hommes. Histoire. Économies. Sociétés.,
HASQUIN H. (éd.), Vol. 2, Bruxelles, p. 75.