Le
pourquoi de tous ces textes, c'est
en
remontant au rapport Sauvy que l'on pourra s'en faire une
bonne idée.
Si vous suivez ce lien, vous pourrez télécharger
ce rapport (6 Mo,
pdf), et lire les grandes lignes de l'électrochoc qu'il a
sucité. Cela
se passait en 1962, dans le cadre de la Belgique unitaire
"intouchable". Alfred Sauvy, un des deux auteurs du rapport,
avait appuyé son argumentation
du nécessaire
renouveau wallon par l'entremise d'une "gifle" à la Belgique
: une
logique institutionnelle d'indépendance
régionale pour sauver
la Wallonie. Cet argument n'a pas été du tout
digéré par la classe
politique de l'époque...
En 1978, dans son
ouvrage
Les
causes du déclin wallon, Michel
Quévit
avait
estimé que l'autonomie de la région wallonne ne
suffisait pas à jeter
les bases d'un redéploiement industriel.
Il faut,
écrivait-il,
de
profondes réformes structurelles qui
garantissent à la Wallonie le maintien d'une
capacité d'action
financière dans le cadre d'une politique industrielle
valorisant les
ressources humaines, matérielles et technologiques de la
région.
La nécessité d'un travail de
prospective se faisait particulièrement sentir
en Wallonie. Un message
qui fit son chemin avec l'Institut
Jules Destrée. Ce travail s'est amorcé en
1986-1987 sous
l'intitulé de
La
Wallonie au futur et a connu cinq
exercices mêlant la prospective-observation à la
prospective-action et
la résolution de problèmes dans le but d'
accompagner les
processus d'intelligence collective dans la recherche d'un futur
souhaitable.
Une rupture
culturelle durable semble en effet avoir progressivement pris le pas,
dès ce moment, sur le processus de déclin qui
frappait la Wallonie.
Cette rupture culturelle a été initiée
par celui-là même qui avait
analysé les causes du déclin wallon, le
professeur Michel Quévit de
l'Université de Louvain ainsi que par quatre cent acteurs
qui ont
bénévolement participé à la
réflexion du congrès
La Wallonie
au futur, et qui ont rédigé plus de
deux cents contributions
en
dessinant les bases d'une société wallonne. (
Source)