Au-delà
des motions adoptées par le Congrès et qui concernent les problèmes
particuliers, l'Assemblée a adopté cette résolution générale :
«
Forte
de ses cinq Fédérations provinciales, auxquelles sont affiliées trois
cents sociétés locales et ses nombreux membres à titre individuel,
l'Union Culturelle Wallonne entend défendre et promouvoir les valeurs
culturelles véhiculées par les langues régionales endogènes de la
Wallonie.
Il faut à la Wallonie un véritable
projet culturel qui révèle son identité de région dans l'Europe des
cultures.
L'Union
Culturelle Wallonne est un mouvement au service de la démocratie
culturelle ; son action est guidée par un souci permanent d'ouverture
et de progrès.
L'Union décide de s'adresser et
de fédérer
davantage tous les Wallons d'ici, d'Europe et du monde afin qu'ensemble
ils soient les témoins attentifs et les responsables de leurs
spécificités.
L'Union demande avec insistance au
peuple wallon
une conscience plus vive de sa propre culture dont les composantes
essentielles sont les langues régionales. L'unique chance d'affirmer
notre identité est de travailler et de nous engager dans l'unité.
»
C'est
dans ce même souci d'unité et dans la volonté d'affirmer nos valeurs
culturelles que se situent les résolutions particulières adoptées par
le Congrès.
Au terme de cette longue journée, le
Congrès a élu
ses instances pour un mandat de 4 ans et a formé son nouveau Conseil
exécutif dans lequel on retrouve :
Paul LEFIN
(Ninane) : Président
Stéphane QUERTINMONT (Montegnée) :
Secrétaire général
Emile TASSON (Céroux-Mousty) : Trésorier
général
Jean BAUDOUIN (Bouge) : Délégué
Eugène
GALERE (Grâce-Hollogne) : Délégué
Léon HANSENNE (Courcelles)
: Délégué
Jean-Marie MOTTET (Barvaux-sur-Ourthe) : Délégué
Patricia
POLEYN (Haine-Saint-Pierre) : Déléguée
Albert SCOHY
(Clermont) : Délégué
Monique TIRELIERS (Houffalize) :
Déléguée.
Pour vous rendre sur la page consacrée
à ce congrès, voici un lien vers le site de l'U.C.W. : cliquez ici.
Le Congrès statutaire et d’Orientation de l'Union Culturelle Wallonne (U. C. W.), réuni à Liège le 12 juin 2004,
MOTION RELATIVE AU CONSEIL DES LANGUES REGIONALES ENDOGENES DE LA COMMUNAUTE FRANÇAISE DE BELGIQUE
sur
le décret de la Communauté française Wallonie-Bruxelles du 14 décembre
1990 relatif à la protection et la promotion des langues régionales
endogènes ;
recommande
la
poursuite de la
politique d’aide à l’édition entreprise par le Conseil des Langues
régionales endogènes de la Communauté française Wallonie-Bruxelles ;
réclame
une
augmentation des budgets consacrés aux langues régionales qui tienne
compte au moins de l’inflation ;
requiert
un
élargissement des activités dudit Conseil en vue de l’instauration
d’une politique globale de mise en valeur des langues régionales et, en
collaboration avec toutes les instances concernées, l’élaboration d’une
politique culturelle wallonne, au sein de la Communauté
Wallonie-Bruxelles.
exige
la
réactivation des
démarches entreprises par ledit Conseil pour l’intégration des cultures
et des langues régionales dans l’enseignement et dans les médias qui
relèvent de la Communauté française Wallonie-Bruxelles.
MOTION RELATIVE A LA SIGNATURE PUIS A LA RATIFICATION PAR LA BELGIQUE DE LA CHARTE EUROPEENNE DES LANGUES REGIONALES OU MINORITAIRES
que
le décret de la Communauté Wallonie-Bruxelles du 14 décembre 1990
relatif à la protection et à la promotion des langues régionales
endogènes est en parfaite concordance avec la Charte européenne des
Langues régionales ou minoritaires ;
rappelant
que
l’Union Culturelle Wallonne et le Conseil des Langues régionales
endogènes de la Communauté Wallonie-Bruxelles a fait connaître, à de
multiples reprises, sa volonté de voir cette Charte signée et ratifiée
par la Belgique, que ce Conseil a fait depuis quelque temps des
propositions concrètes en ce sens au Gouvernement fédéral et que trente
Etats membres du Conseil de l’Europe ont signé cette Charte dont
dix-sept d’entre eux l’ont ratifiée à ce jour ; les conditions étant
ainsi remplies ;
signalant
que
le Conseil
international de la Langue française a voté une motion par laquelle il
souhaite que tous les pays francophones concernés signent puis
ratifient cette Charte ;
exige
la
signature puis la ratification par la Belgique de la Charte européenne
des Langues régionales ou minoritaires ;
réclame
avec insistance
une
intervention de la Communauté Wallonie-Bruxelles et de la Région
Wallonne en ce sens auprès des autorités fédérales, afin de voir
concrétiser ainsi sa dernière déclaration gouvernementale sur ce sujet.
À
cet effet, les différents Parlements sont invités à voter une motion
appelant le Gouvernement Fédéral à examiner ce problème dans les plus
brefs délais.
MOTION CONCERNANT LES MEDIAS
constatant objectivementle
peu de place réservée aux langues régionales de Wallonie dans le
paysage audiovisuel de la Communauté Wallonie-Bruxelles. En effet :
Alors
que la diffusion et la promotion des langues régionales endogènes sont
inscrites dans son plan de gestion, la Radio Télévision belge
francophone, à l’issue de son plan de restructuration en cours, a
encore réduit — et particulièrement en radio — ce qui constituait déjà
jusqu’aujourd’hui un navrant minimum minimorum.
Dans
le
secteur des radios locales, on connaît une diversification d’émissions
dans l’ensemble Wallonie. Alors que les langues régionales bénéficient
dans la plupart des d’Europe de plages-horaires importantes, le wallon,
le picard, gaumais, le champenois, le francique limbourgeois et le
francique luxembourgeois, sont mal diffusés cependant que la vie
culturelle riche d’événements qui mériteraient d’être captés et
retransmis
le Congrès
estimeque la diffusion des langues régionales de
Wallonie dans les media est encore marginalisée.
En
conséquence, le Congrès exige de la R. T. B. F. et
demande instamment aux stations privées et aux télévisions
locales :
de prendre enfin conscience de l’utilité de la diffusion d’émissions en langues régionales de Wallonie et d’en assurer une présence quotidienne sur les ondes ;
de considérer les langues régionales de Wallonie, non seulement comme un outil de communication mais aussi et surtout comme une matière culturelle à part entière ;
de prendre exemple sur l’important travail réalisé, d’initiative, par les autres télévisions d’Europe dans la diffusion et la promotion des langues régionales.
MOTION RELATIVE AUX RELATIONS INTERNATIONALES
souhaiteque les Wallons soient des Européens de « quelque part ».
Dès lors, le Congrès :
décidede
poursuivre son action au sein de l'Association internationale pour la
Défense des Langues et des Cultures Menacées (A.I.D.L.C.M.), du Comité
International des Fédérations du Théâtre Amateur (C.I.F.T.A.) et de
l'Association Internationale du Théâtre d'Amateur (A. I. T. A.), afin
d'y affirmer l'existence de la Wallonie, d'y présenter la culture et
les créations de notre Région, de contribuer à la construction de
l'Europe des cultures et des diversités, seule garante de la paix et de
la démocratie ;
souhaite
que le Commissariat général aux Relations internationales de la Communauté Wallonie-Bruxelles (C. G. R. I.) amplifie son aide pour la promotion de nos créateurs dans le monde ;
que, conformément aux directives européennes en matière de langues et cultures régionales et minoritaires, l’avenir de nos langues régionales soit mieux pris en compte par les instances de l’Union européenne.
MOTION
CONCERNANT LES POUVOIRS
PUBLICS
Le Congrès réclame
des pouvoirs publics en général, pour les domaines entrant dans leurs compétences et pour les territoires placés sous leur juridiction, une action volontariste et ferme en faveur de l’utilisation et de la mise en valeur des langues régionales de Wallonie.Le Congrès exige, en particulier,
par une action permanente déterminée des pouvoirs publics de tous les niveaux :que l’emploi des langues régionales, dans tous les domaines de la vie des hommes, soit enfin reconnu comme valeur culturelle à part entière ;
que le wallon, le picard, le gaumais, le champenois, le francique limbourgeois et le francique luxembourgeois s’inscrivent clairement comme parties intégrantes du patrimoine de la Wallonie et puissent bénéficier du même respect, du même souci de préservation et de promotion, de la même volonté d’étude scientifique que les autres facettes de notre patrimoine, tout en tenant compte de cette particularité évidente, qu’il s’agit d’un patrimoine immatériel mais vivant ;
que les décrets du Conseil de la Communauté Wallonie-Bruxelles des 2 février 1983 et 14 décembre 1990 bénéficient enfin d’applications sans lesquelles ils ne peuvent rester que des textes symboliques de la volonté politique d’un moment ;
que le Conseil des Langues régionales endogènes — à l’instar des autres Conseils supérieurs consultatifs — soit confirmé dans son indispensable rôle d’avis, et que ceux-ci soient suivis d’effets ;
que les autorités politiques, lorsqu’elles utilisent les langues régionales de Wallonie, s’inscrivent dans une recherche de qualité de la langue par consultation, au besoin, d’associations ou de personnes-ressources.
Le Congrès
réclame, avec force, des pouvoirs publics issus, à tous les niveaux, du choix démocratique des citoyens et fonctionnant grâce aux deniers publics, un soutien efficace à l'action permanente de l'Union Culturelle Wallonne et de ses composantes pour la concrétisation du Projet Culturel Global qui veut engager le peuple wallon dans la pratique de sa culture particulière.MOTION CONCERNANT L'ENSEIGNEMENT
prenant comme référence
les
travaux de pédagogie et de psycholinguistique qui font autorité et dont
les conclusions confirment depuis longtemps le bilinguisme langue
véhiculaire / langue régionale comme un élément essentiel prédisposant
à l’apprentissage d’autres langues, ainsi qu’au développement
intellectuel et social de l’enfant,
le Congrès
réclame
de
tous les Pouvoirs et des Partenaires une attention très particulière
pour l’intégration de la langue régionale endogène, outil de
développement intellectuel, linguistique et culturel, dans le processus
éducatif des enfants et des adolescents, ainsi que dans la formation
des jeunes adultes ;
s’adresse
particulièrement
aux
Ministres ayant l’Enseignement dans leurs attributions, depuis le degré
fondamental, pour qu’ils adoptent adopter une attitude générale
conforme à la volonté sociétale des Wallons d’intégrer leur langue
régionale dans leur développement culturel,
de
manière générale
à
toutes les formations politiques démocratiques et à leurs élus pour
qu’ils marquent clairement leur volonté d’aller dans le sens des
nombreuses initiatives des gouvernements démocratiques européens quant
à la reconnaissance et la promotion des langues régionales,
particulièrement dans l’enseignement ;
demande
avec
une extrême insistance que, conjointement à l’introduction prônée d’un
bilinguisme obligatoire dans l’enseignement primaire, soient enfin
mises en application, par des mesures et des moyens adaptés, les
dispositions des Décrets du 2 février 1983, du 14 décembre 1990 ainsi
que du récent Décret de juillet 1998 relatif aux Arts de la Parole dans
les Académies de Musique et dans l’Enseignement Secondaire à Distance,
en s’inspirant aussi des recommandations déposées par la Commission
d’intégration des langues régionales et ratifiées par le Conseil des
langues régionales endogènes de la Communauté Wallonie-Bruxelles ;
se
tient
à
disposition pour un partenariat efficace en vue d’assurer une maîtrise
des langues régionales dans la formation initiale et continuée des
enseignants.
En conséquence, le Congrès :
mandate
les
instances de l'Union Culturelle Wallonne pour poursuivre des démarches
opportunes et suivies auprès des Pouvoirs Organisateurs et des
Organisations reconnues des parents, des enseignants et des étudiants,
tous niveaux et tous types d'enseignement confondus ;
souhaite
une
intervention rapide auprès des Institutions de formation des futurs
enseignants afin d'obtenir l’inscription d’un réel apprentissage et de
l’exploitation effective des langues régionales endogènes dans leurs
programmes ;
invite
les
responsables des
compagnies théâtrales et des Centres régionaux qui assurent des cours
de wallon à collaborer en vue d'assurer, notamment aux jeunes
comédiens, une formation à la langue en vue d'une communication orale
correcte et rigoureuse dans la langue régionale (qui ne peut se
contenter d'être du français teinté des accents picards, gaumais,
champenois ou wallons) ;
demande
à
tous les
membres de l'Union Culturelle Wallonne de se considérer comme les
premiers acteurs de l'apprentissage et de la transmission des langues
régionales dans leur entourage et leur famille ;
propose
aux
mandataires politiques sensibles à la problématique des langues
endogènes de se regrouper dans une association dont le but serait de
défendre l’intégration des langues régionales dans l’enseignement ;
insiste
pour
que les membres de l'Union Culturelle Wallonne prennent l'engagement de
solliciter les pouvoirs de proximité (communes, provinces,...) afin de
développer dans leur entité toutes initiatives favorables à
l'apprentissage et à l'usage des langues régionales, comme les y
autorise le décret de 1983.
MOTION RELATIVE AUX COMPETENCES DU PEUPLE WALLON ET DE SES INSTITUTIONS
constatantque
le premier manifeste pour la culture wallonne qui réclamait la
reconnaissance de la Wallonie comme personne morale aura 20 ans le 15
septembre prochain ; que, au lieu de donner à la Wallonie la place qui
lui revient, la Communauté française Wallonie-Bruxelles, comme c’était
et c’est toujours le cas au sein du Royaume de Belgique, sert trop
souvent d’éteignoir,
exhorte
les
Wallons à confier
au peuple wallon et aux institutions wallonnes des compétences en
matière de culture, d’enseignement, de recherche fondamentale et de
médias publics.
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Union Culturelle Wallonne