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 Discours d'accueil de Jean Louvet à l'Assemblée wallonne du 29 février 2008

Mesdames, messieurs les mandataires politiques,
Mesdames, messieurs les journalistes,
Amies, amis, militantes et militants wallons,
Mesdames, messieurs,

Je vous remercie d'avoir répondu nombreux à l'appel des organisatrices et organisateurs de cette assemblée ; ils sont issus du monde politique, syndical, culturel, associatif et des diverses composantes du Mouvement wallon.

Ce groupe de vingt personnes a fait appel à des orateurs que nous remercions vivement ; ils ont accepté notre invitation, même si ce n'est pas toujours facile de s'exprimer dans le contexte actuel. Ils vous diront l'essentiel de nos préoccupations.

Quels sont les objectifs de cette réunion ? J'en vois trois qui se détachent :

Premier objectif : non à l'invisibilité de la Wallonie.

Il y a quelques semaines, les citoyennes et citoyens de Wallonie étaient en plein désarroi, choqué par la rupture de solidarité qui est l'essence même du fédéralisme.

Il y eut des réactions : José Happart, Serge Kubla, les manifestations syndicales à Bruxelles, la carte blanche des députés wallons, l'appel aux aux Wallons de Jean-Claude Van Cauwenberghe.

Hier et aujourd'hui, la Wallonie disparaît beaucoup trop souvent des commentaires, des débats, des projets politiques. Nous sommes noyés dans une véritable francophomanie, orchestrée, redoutable. Cette idéologie francophone se donne des airs de supériorité, répandant une vision manipulée et vulgaire du régionalisme.

Nous refusons d'accepter que se mette en place une machine d'oppression où la Wallonie sera niée. Nous ne sommmes pas un peuple du silence, un peuple muet, un peuple occulté.

Nous sommes ici pour affirmer les certitudes d'un Mouvement wallon que nous voulons fort.

D'aucuns vous diront : ne vous plaignez pas, la Belgique est un pays formidable, on rit de tout. Ou bien : vous êtes au pays du surréalisme. Rappelons quand même qu'Achille Chavée, notre grand poète surréaliste se proclamait wallon, fédéraliste et qu'il vendait lui-même le journal "Combat" d'André Renard.

Deuxième objectif : nous sommes ici pour rappeler que nous avons voulu le fédéralisme, il ne faut pas en perdre l'héritage.

On ne touchera pas à notre capitale, à notre parlement, à notre gouvernement : ce sont des conquêtes démocratiques arrachées à l'État unitaire au prix de nombreux combats.

Que le parlement wallon nous entende bien ! La Wallonie est à un tournant.  À situation historique exceptionnelle, débat parlementaire exceptionnel. Il est urgent de définir un contrat de génération qui transmette la volonté de changement d'une génération à l'autre. On a trop souvent fait de nos jeunes des amnésiques. C'est contre cela que le "Manifeste pour la culture wallonne" veut que nous disposions de l'enseignement, de la culture et des médias.

De nombreux Bruxellois ont eux aussi lancé leur manifeste. L'un d'eux nous a rejoints et prendra la parole ce soir. Wallons et Bruxellois, nous allons tous, solidaires, dans le même sens. La Région constitue la réalité de référence pour les Wallons et les Bruxellois. La solidarité entre la Wallonie et Bruxelles ne peut avoir pour prix la suppression ou l'occultation d'une des deux entités.

Enseigner les divers aspects du patrimoine tant artistique que social fait partie de nos objectifs.

Dix ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, nous avons mené une autre guerre : celle de l'émancipation de la Wallonie. Nos jeunes héritent de ce combat. Qu'ils ne se méprennent pas, ils devront continuer le combat. Ne laissons pas s'élargir entre eux et nous le fossé de l'oubli. Si la Wallonie a tant besoin d'une nouvelle couche entrepreneuriale, c'est au prix de cette prise de conscience. Georges Bernanos disait : "On n'aime que ce que l'on comprend".

Troisième objectif : mobilisation.

Le sang de la résistance coule dans nos veines. Résistance historique, résistance pour sauver l'honneur de la démocratie, résistance en 1960-61. Chaque fois, nous étions présents. Nous sommes ici pour redire que nous avons été des acteurs chaque fois qu'il le fallait. Ne nous laissons pas réduire au statut de spectateurs passsifs et désenchantés.

Les coups portés par la mondialisation pour affaib1ir l'État-nation n'entraîneront pas notre combat pour le fédéralisme dans l'impuissance, dans les oubliettes de l'Histoire.

Je laisse maintenant la parole à nos orateurs qui vont évoquer les problèmes posés par notre engagement.

Je vous remercie de votre attention.

Jean Louvet, président du Mouvement du Manifeste wallon (M.M.W.)
Le 29 février 2008, Centre de Congrès, place d'Armes à Namur
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