Sans
les
Régions, pas de salut institutionnel.
"Rien ne sert de s'exprimer haut, fort et clair, encore faut-il se
faire entendre. Alors, que dire, lorsque la parole est cruellement
absente... Pas soustraite, ni volée, non, simplement
inexistante.
C'est tout le drame de la Communauté française.
Embryon institutionnel créé pour assurer un lien
symbolique mais
réellement solidaire entre les francophones de Bruxelles et
les Wallons
de Wallonie - car c'est bien de cela qu'il s'agit -, la
Communauté n'a
jamais joué ce rôle rassembleur que certains avaient
rêvé pour elle.
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir tenté - vainement, depuis
un peu plus d'un quart de siècle -, de la réanimer.
Du refinancement obtenu au forceps institutionnel au changement de nom
(Communauté Wallonie-Bruxelles), mort avant même
d'avoir vécu, en
passant par la "nation francophone" envisagée par un Elio Di
Rupo alors
au mieux de sa forme, rien n'y a fait. La Communauté reste
plongée dans
un coma profond. Pire, aucun signe objectif ne laisse augurer un
sursaut politique et/ou identitaire, en version francophone
remastérisée, s'entend. Pas même la double
casquette de Rudy Demotte.
Un joli coup, sans doute, mais qui a eu pour seule
conséquence,
finalement, de ranimer la voix des néorégionalistes
bruxellois et
wallons désormais solidaires.
Car il est là, le fait majeur. Dans le grand concert
institutionnel que
l'on nous promet d'ici mi-juilllet - pour peu qu'il se confirme -, et
face à une Flandre souverainiste, parlant d'une seule voix et
au nom de
tous les Flamands - ceux de Flandre, bien sûr, mais aussi de
Bruxelles
-, on pressent, on sait désormais, côté
francophone, qu'en termes de
transfert de compétences, ce sont les Régions qui en
bénéficieront.
Essentiellement.
La voie de la
paix
communautaire, même
provisoire, passera, qu'on le veuille ou non, par un
fédéralisme
s'appuyant sur trois Régions fortes. Il n'y a plus
guère que les naïfs
pour défendre l'idée d'un grand espace francophone
où se dissoudrait,
en tout ou en partie, la Région wallonne, laissant à
Bruxelles le seul
titre de Région.
Une ineptie politique, institutionnelle et constitutionnelle à
contre-courant d'un mouvement de fond que plus rien ne semble devoir
contrarier. "