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Extrait du discours de clôture de José Happart à l'Assemblée wallonne du 29 février 2008Cliquez ici pour voir la vidéo ou lire le discours complet.

(...) C’est vrai que, pendant tout un temps, le fait d’avoir concentré la plupart des médias sur Bruxelles, a fait croire aux Wallonnes et aux Wallons de bonne foi - pas ceux qui sont dans cette salle, mais ceux qui restent gentiment chez eux à faire autre chose que de penser à militer pour la Wallonie - que, tous comptes faits, la Belgique était importante. On est même parvenu à faire peur aux Wallons à ce point que être Wallon devenait un crime contre la survivance de l’Etat Belgique. En tous cas on voit où l’idée de la Belgique nous a menés : nous somme passés, sous l’époque hollandaise, de 1815 à 1830, de la 3e place du Produit Intérieur Brut par tête d’habitant en Wallonie au niveau du monde, à maintenant, peut-être la centième en Europe : donc, on a quand même fait vite marche arrière, et ce temps est difficilement récupérable, car nous sommes, nous les Wallons, des latins, des gens plutôt généreux et quand on donne, on ne compte pas beaucoup et quand on estime, comme l’ont dit d’aucuns, que le moment est plus ou moins venu de faire aller la machine dans l’autre sens, et de nous rendre les intérêts de ce qu’on a donné à la Flandre en tant que Wallons pendant un siècle et demi, cela demanderait quelques Plans Marshall pour relancer notre Région.

(...) Alors, pour une fois, je vais encore essayer d’expliquer, très lentement, pour que, notamment, les médias comprennent bien : vous ne trouverez jamais dans mes propos, le moindre début de phrase, où il fallait arrêter d’être solidaire avec Bruxelles.  Je n’ai jamais dit cela, et je ne l’ai jamais pensé. La solidarité indispensable, notamment par rapport au monde du travail, doit être maintenue. Mais une fois qu’on a dit cela, il faut quand même bien se demander : est-ce qu’on va, béatement, attendre qu’on décide pour nous ? Parce que l’époque où l’on rentrait dans les Wallons comme dans du beurre, c’est un peu dépassé quand même…

(...) Une fois que ces choses sont dites, je voudrais tout de même qu’on m’explique : quelles sont les matières qui, une fois transférées à la Région Wallonne, ont été moins bien gérées qu’elles ne l’ont été par le fédéral au profit de la Wallonie ? Je n’en connais pas.

(...)  Pourquoi est-ce que la Culture n’a pas d’argent ? Pourquoi aujourd’hui 80% des dépenses culturelles sont faites à Bruxelles ? Et l’actuel Gouvernement a renforcé encore ce processus unilatéral de dépenses culturelles sur Bruxelles au nom de la solidarité. C’est vrai : ils ont leur culture, et nous la nôtre, mais nous sommes pour obtenir les moyens dont nous avons besoin. Il faut arrêter de faire peur : nous sommes dans un processus d’histoire et d’avenir d’un peuple qui est le nôtre, et je tiens à dire ici, nous allons, en tous cas dans la formation politique dans laquelle je suis, faire la pression nécessaire pour qu’il y ait dorénavant des Wallons pure souche : je ne parle pas d’origine ethnique, mais de mental, de volonté et de détermination pour créer notre futur wallon, et pour participer directement à des négociations, car on n’est jamais aussi bien défendu que par soi-même.

(...) Mais d’abord, construisons de manière pragmatique, rationnelle et déterminée. Moi, j’aime les militants, et nous devons, dans le cadre de la réforme de l'État, poser des actes de militants : dire qu’on ne demande rien, ou qu’on ne prendra que ce qu’on nous donne, c’est manquer d’ambition, c’est manquer d’orgueil dans le bon sens du terme, et je crois, notamment pour notre jeunesse, nombreuse ici aujourd’hui, que nous devons, nous les politiques, prendre des responsabilités, et prendre des risques pour avancer.

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