Ça, il faut dire non !


Logo de la capitale wallonne, les "fêtes" de Wallonie, nos calendriers

Sur cette page « Namur, capitale wallonne ? » est affichée la réponse du Président du Parlement wallon quant à l'emploi de l'expression "fêtes de Wallonie" dans son propre discours, un usage qui s'avère à nos yeux peu justifié. La situation est telle que la capitale wallonne affiche un logo qui énonce ouvertement le principe de la désintégration wallonne en sous-unités régionales : "les Wallonie en fête". Et comme ils le disent si bien : « Grâce à Internet, cet événement s'inscrit dans la durée et est désormais visible aux quatre coins du globe ». Qu'est-ce qui est visible aux quatre coins du globe ? Notre division, notre manque de consistance politique, nos incohérences et le fait que l'emblême temporel de la Fête de Wallonie inscrit au Moniteur belge, représentant de façon légitime la collectivité wallonne, passe à la trappe pour les "besoins" du label folklorique namurois "fêtes de Wallonie" ?

Chacun à sa fête, à sa date, dans son coin, et personne ne s'intéresse à l'unité wallonne et à sa mise en oeuvre, au destin unique d'une Région comme la nôtre, sans parler de la négligence complète qui caractérise l'absence de la date de la Fête de Wallonie dans tous nos calendriers. Ça, il faut dire non .

La Wallonie, et non le "sud"

Au sud de quoi ? Au nord de quoi ? De Bruxelles tiens ! Cette dérive lexicale à l'égard de la Wallonie ne tient pas compte de la logique fédéraliste. Même l'expression "Région wallonne" a de quoi nous interroger d'un point de vue historique. Une dérive lexicale qui porte en elle la négation de la Wallonie et dont on peut mesurer l'effet implicitement avec cet article écrit par Guy Duplat dans La Libre Belgique, « Acteur culturel important et déficient ». À noter que ce journaliste insère très souvent une petite citation d'Henri Ingberg dans ses articles, une habitude semble-t-il... Ainsi, bien qu'attentif à la culture wallonne, cet article est une injure : si la "Flandre" est nommément désignée quatre fois, sans recourir une seule fois à l'expression officielle "Région flamande", par contre, à aucun moment le terme "Wallonie" n'est employé, seules les expresssions "sud du pays" ou "sud" (en tout, 4 occurences) et "Région wallonne" (une occurence) sont utilisées. En somme, la Flandre mérite de s'appeler Flandre ; la Wallonie, c'est le sud... Ça, il faut dire non .

Les supports culturels publics et à moindre frais disponibles : quel dépit !

Que les compétences culturelles de la Région wallonne s'exercent par l'entremise de la Communauté française de Belgique, c'est déjà en soi un problème, mais qu'en sus, le site Internet officiel de la Région wallonne ne propose dans son catalogue quasiment aucune publication pour favoriser la reconnaissance de la culture wallonne, c'est vraiment encourager la logique de la déflation identitaire. À partir du moteur de recherche de leur catalogue, vous pouvez voir à quel point le constat est navrant.

Maintenant, si vous souhaitez apprendre le wallon et que vous comptez sur une institution dont la finalité est de servir notre culture, de la renforcer, de lui donner un avenir, j'ai nommé la Communauté française de Belgique, une institution qui se conforme soi-disant à la Charte de l'UNESCO sur la défense de la diversité culturelle, et bien pour le dire simplement, que dale ! nada ! le minimum minimorum : deux vieux vinyls en tout et pour tout. Il n'y a pas de CD ni de DVD, de supports médiatiques quelconques modernes à la Médiathèque de la Communauté française pour apprendre le wallon. Ceci dit, il y a plus de 600 CDs pour apprendre l'anglais...  Ça, il faut dire non.

Le manque de crèches en Wallonie

En Wallonie, il ne faut plus jouer avec le feu. En clair, nous commençons à revenir de loin en ce qui concerne le renouvellement des générations. Un bref rappel historique à ce sujet nous introduit ensuite au  reportage de la F.G.T.B. qui fait le point sur la situation des places d'accueil à la petite enfance : un constat déplorable ! Souvenons-nous que la population de la Wallonie apparaissait en 1961 comme une des plus vieillies du monde avec un dynamisme naturel tellement faible qu'elle ne progressait plus que grâce au soutien d'une population étrangère de plus en plus nombreuse. Et depuis toutes ces années sous tutelle communautaire, nous sommes bien forcé(e)s de  constater que la maternité en Wallonie n'est pas une période confortable à vivre car, pour beaucoup de futures mamans, la recherche d'une crèche s'apparente à la quadrature du cercle.  Ça, il faut dire non.

La manipulation par les médias

Le journal Le Soir qui se dit "très très belge" n'hésite pas à publier des caricatures méprisantes à l'égard du Ministre-Président de la Région wallonne à neuf ans d'intervalle. À chaque fois, il s'agit de la régionalisation des matières communautaires :

Caricature méprisante de Royer à l'égard de la régionalisation des compétences communautaires, 25 septembre 1989              Caricature méprisante de Royer à l'égard de la régionalisation des compétences communataires, 18 juillet 1998
25 septembre 1989 18 juillet 1998

Guido Fonteyn précise dans le journal De Morgen : "Le Soir reste dans les faits un journal belgicain francophone bruxellois, et même antiwallon et antiflamand."  En effet, ces caricatures, ce n'est pas du journalisme, mais la manière de procéder des radicaux : ancrer dans l'affectivité des gens un message de dérision voire de déraison à l'égard de l'autorité élue démocratiquement. Ce dont il s'agit là, c'est de faire passer pour des imbéciles non seulement l'autorité wallonne, mais aussi selon les sondages une part importante de la population wallonne. Ce même journal qui publie dans son édition du 27/09/2003 le résultat de son propre sondage qui confirme amplement celui du CLEO de 1989 : "Même si une majorité de Wallons veut supprimer la Communauté, les politiques entendent maintenir les équilibres actuels". À l'évidence, la volonté de cette « majorité de Wallons » est la cible de ces caricatures méprisantes.  Ça, il faut dire non.



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