Sur
la
droite, vous
trouverez un lien vers le compte-rendu d'une séance parlementaire
où Mme Monika Dethier-Neumann (Écolo) interpelle le 16 janvier
2007 M. Benoît Lutgen, Ministre de l'Agriculture, de la Ruralité, de
l'Environnement et du Tourisme. Ces cinq pages illustrent bien en
quoi nos représentants "pataugent" dans une série de
mécanismes d'entrave dont on ne voit pas clairement l'issue. Le propos
final de Mme Dethier-Neumann est assez éloquent : « Je vous
interpellerai à nouveau en vous présentant des situations concrètes.
Concernant Liège, j'ai mes informations, c'est ma parole contre la
vôtre. »
Le texte suivant - encore plus
démonstratif - est extrait d'une autre séance au Parlement
wallon datée du 22 février 2006 entre M. Borsus et M. Antoine. En
effet, l'assainissement
(très coûteux) des friches industrielles les
plus polluées de Wallonie a été envisagé par M. Borsus dans le
cadre du Projet de décret-programme relatifs aux actions prioritaires
pour l'avenir wallon. M. Borsus a confronté fermement M.
Antoine avec le constat d'une série
d'incohérences dans le traitement de cette question, notamment
celle de la Communauté française de Belgique :
Borsus
(MR). « Mme Fonck, à la Communauté française, afin de
connaître son
analyse des 253 sites les plus pollués établis dans cette liste
régionale. Et que m'a-t-elle répondu ? Je tiens les questions écrites
et les réponses à votre disposition. Je me permets de citer Mme Fonck :
«
Lorsqu'un risque
important
pour la santé est identifié, suite notamment aux conclusions d'une
évaluation des risques sanitaires, il convient de s'en référer sans
délai aux Ministre de la Santé et de l'Environnement pour qu'ils
prennent, en concertation et en fonction de leurs compétences
respectives, toutes les mesures utiles à court, à moyen et à long
terme. Pour le site concerné par la présente question parlementaire, il
fait lobjet d'une surveillance précise de la SPAQuE mais - cela vaut
de l'or, malheureusement -
il
ne nécessite pas la mise en oeuvre d'une procédure particulière et
n'est donc pas à reprendre dans la liste des sites générateurs des
risques les plus importants ».
Monsieur
le Ministre, nous ne parlons pas ici d'un vague dossier
administratif généralement quelconque, nous parlons de santé publique,
de définition de priorités, de la vie des gens, nous parlons à titre
subsidiaire et subséquent de montants terriblement importants. Comment
allez-vous m'expliquer, Monsieur le Ministre, que la définition de ces
27 sites évolue dans le temps d'une façon absolument incompréhensible ?
(
1)
(...) J'ai ici l'ensemble de vos déclarations, Monsieur le Ministre,
vous l'avez si souvent rappelé : «
Ce qui est sûr, c'est que je veux qu'on avance. ».
Monsieur le Ministre, le problème c'est que dans ces dossiers-là, on ne
peut pas jouer aux apprentis sorciers. (
2)
(...) Qu'est-ce qui fait que la liste a été
changée pour moitié entre
décembre et février ? Je ne parle pas de la liste de rénovation des
sites paysagers. Il y avait deux points inscrits à l'ordre du jour du
1er décembre j'ai les documents et il y avait la liste des sites
pollués. Parmi les 27 sites, 14 ne se retrouvent pas dans votre
décision du 6 février.
Deuxième question,
Monsieur le
Ministre, pourquoi cette liste compte-t-elle sept sites qui ne sont pas
repris parmi les 253 sites les plus pollués déterminés par la SPAQuE
elle-même ? Ma question est très simple, je peux m'arrêter là.
Répondez-moi, donnez-moi l'explication rationnelle et je retournerai à
ma place. » (
3)
M.
Antoine, Ministre du Logement, des
Transports et du Développement territorial .
« Le Gouvernement a tranché et seule sa décision finale
importe.
Tout le reste, ce sont des travaux préparatoires, vous ne l'ignorez
pas. » (
4)
Au cours de cette séance plénière, le Ministre Antoine a été
"collé au mur" par l'insistance de M. Borsus à obtenir une réponse à sa
question : pourquoi a-t-on modifié la liste des sites pollués
?
Ce passage fort révélateur montre à l'évidence que le
Ministre Antoine déraille sous son vernis impassible. Son
propos est faux et contraire aux règles démocratiques
de base
:
M. Borsus
(MR). « Dans une démocratie, il est de bon ton d'expliquer les
décisions prises par une autorité quelle qu'elle soit. Surtout devant
son Parlement. » (
5)
Effectivement, ces interventions ont lieu dans
l'enceinte du
Parlement wallon dont la première règle est de contrôler l'Exécutif :
le Ministre doit rendre des comptes aux parlementaires, c'est
toujours le Parlement qui a le dernier mot. Étant donné l'attitude du
Ministre Antoine au Parlement wallon, il y a plus que vraisemblablement
une malversation dans le traitement de ce dossier, or il ne s'agit pas
de l'aménagement de sites anodins :
M. Borsus
(MR). « Sur 3.500 sites gravement problématiques ou qui posent
question, on en détermine 253 qui sont les plus graves, les plus
inquiétants, pour fixer ensuite une liste qui doit être traitée en
priorité, composée de 27 sites au 1er décembre. Mais le 1er décembre,
finalement, le Gouvernement ne décide pas. Début février, il arrête une
liste de 27 sites mais où la moitié des sites sont différents. Mais
plus fort, mon cher Maurice, je te sens inquiet, crois-tu qu'il sagit
des 27 sites parmi les 253 qui seraient les plus dangereux ? »
M.
Bayenet (PS). «
Non ! »
M. Borsus
(MR). « Absolument pas! Le Gouvernement choisit 20 sites parmi ceux
repris par la SPAQuE comme étant les plus pollués mais 7 sites viennent
de l'extérieur. » (
6)
M.
Borsus
(MR). « (...) pourquoi cette liste a changé pour moitié en deux mois
et pourquoi sept sites ne sont pas considérés par la SPAQuE elle-même
comme étant parmi les plus dangereux ? Nous ne parlons encore ici que
des plus dangereux parmi les dangereux, je vous rappelle qu'il y a
3.500 sites, nous discutons des 253 les plus gravement dangereux et
parmi ceux-ci, seulement 27 retenus par le Gouvernement. Ma question
est simple, Monsieur le Ministre, elle est univoque. Dites-moi
simplement pourquoi ces sites-là et pas dautres. » (
7)
Le Ministre Antoine s'est
continuellement dérobé à cette
question, et c'est tellement suspect que M.
Borsus réagit promptement en tirant la sonnette d'alarme :
M. Borsus
(MR). « Je vous propose, Monsieur le Président, de
clôturer mon
intervention. Je souhaite renouveler formellement et solennellement ma
demande d'une réunion urgente et conjointe de la Commission de
l'Environnement, des Ressources naturelles, du Tourisme, de la Ruralité
et de la Politique agricole et de la Commission de lAction sociale et
la Santé pour l'analyse réelle de cette liste des 27 sites. Je demande
également au Gouvernement de réunir d'urgence une Conférence
interministérielle de la Santé. Il y va de l'avenir d'un grand nombre
de nos concitoyens. » (
8)
PROJET
DE DÉCRET-PROGRAMME
RELATIF AUX ACTIONS PRIORITAIRES POUR L'AVENIR WALLON
Reprise de la discussion
générale
(Doc. 296 (2005-2006) - Nos 1, 1 bis à 19)
P.W. - C.R.I.
16 (2005-2006) - 22 février 2006
http://nautilus.parlement-wallon.be/Archives/2005_2006/CRI/cri16.pdf,
page 43-47
M. Borsus
(MR). Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, chers Collègues,
je voudrais, si vous le voulez bien, l'espace d'un instant, revenir sur
un élément important qui retient notre attention et celle de la
population depuis de longs mois, c'est évidemment la gestion de nos
friches industrielles, stigmates d'un passé industriel fleurissant dans
certains cas, résultant de dépôts réalisés par les humains dans
d'autres. De façon générale, notre sol recèle un certain nombre de
sites qualifiés de dangereux, potentiellement dangereux, à risques ou
susceptibles d'en comporter à lavenir.
Notons, dans le projet du Gouvernement, quatre éléments particuliers :
une volonté de distinguer les sites pollués des sites
non pollués ;
une volonté d'élargir la notion de sites
à réaménager ;
une volonté de simplifier la procédure ;
une intention de favoriser les partenariats public-privé
dans la mise en oeuvre de cette politique.
Monsieur le Ministre, nous sommes d'accord sur ces différents points,
j'espère que nous allons le rester.
La méthodologie qui nous est aujourdhui suggérée doit être soulignée
quant à l'allégement de la procédure. À l'évidence, la nécessaire
précaution à mener dans la gestion de sites aussi problématiques
nécessite une prudence particulière. Signalons donc que les textes ici
mentionnés se traduiront, dans la plupart des cas, par des
raccourcissements de procédure mais à quel prix ?
En effet, on ne peut, Monsieur le Ministre,
vous en conviendrez, que constater le détricotage de ce fameux texte,
qui est le décret « sols », fameux parce que si souvent évoqué, fameux
par les ambitions quil se donne et par les objectifs quil se donne
pour vocation datteindre. Ce détricotage soulève trois grosses
questions :
• on ne peut pas nier la
pollution des sites,
cela doit rester le fil conducteur de l'approche du Gouvernement ou de
celles et ceux qui gèrent cette matière ;
•
on doit à l'évidence mener une action
résolue de manière à toujours rechercher la responsabilité des
pollueurs, de manière à y recourir chaque fois que c'est possible ;
• enfin, on ne peut faire, Monsieur le Ministre, l'impasse
sur des normes de dépollution à appliquer.
À l'heure actuelle, l'arrêté n'existe pas encore concernant la
qualification, la balise, la détermination de ces normes de
dépollution. Dès lors, à l'évidence, un arrêté devra baliser les
objectifs que l'on se fixe, les méthodes à appliquer pour atteindre ces
seuils de dépollution et subséquemment, certifier les sols, les
terrains, les espaces qui seront alors complètement nettoyés afin
d'être réactivés pour l'activité humaine, l'activité économique,
l'activité industrielle, voire d'être dédicacés à des espaces naturels
suivant une analyse au cas par cas.
Monsieur le Ministre, cependant, le texte qui
nous est soumis pose un certain nombre de questions. Tout d'abord, le
Gouvernement fait la différence entre les sites pollués, les sites peu
pollués et les sites qui ne le sont pas du tout. Monsieur le Ministre,
pouvez-vous me déterminer aujourdhui, avec évidemment des balises
scientifiques, quelle est la définition d'un site peu pollué ?
L'exercice est aussi difficile mais dans une matière infiniment plus
complexe et plus dangereuse que de définir un verre qui serait
partiellement vide ou partiellement plein.
Je voudrais dailleurs illustrer, si vous le
voulez bien, Monsieur le Président, la très grande difficulté de
l'exercice mené par le Gouvernement et ici, chers Collègues
parlementaires, Monsieur le Ministre, je vous demande la plus grande
attention parce que seuls les plus vigilants pourront suivre le chemin
décisionnel du Gouvernement.
Le dossier de
la liste des sites les plus
pollués, Monsieur le Président, est tout d'abord inscrit à lordre du
jour du Gouvernement le 1er décembre. Quel est l'exercice auquel le
Gouvernement est confronté ? Il doit déterminer, parmi les 3.500 sites
composant la grande liste établie par la SPAQuE, quels sont, parmi les
253 sites de la catégorie A, les sites répertoriés comme étant les plus
pollués, les plus potentiellement dangereux pour la population. Le
Gouvernement doit choisir 27 sites les plus dangereux en disant : cest
ceux sur lesquels, à titre prioritaire, nous souhaitons travailler. Le
1er décembre, patatras, le Gouvernement, qui a pourtant une liste en
mains - je l'ai, retire le point. Pourtant, cette liste recèle 27 sites
identifiés par des organismes scientifiques, par la SPAQuE, par vos
collaborateurs, Monsieur le Ministre, comme étant les plus pollués.
Le dossier revient à lordre du jour du
Gouvernement un peu plus de deux mois plus tard. Il y a toujours 27
sites, Monsieur le Ministre, mais ces 27 sites ne ressemblent en rien à
la liste qui, un peu plus de 60 jours plus tôt, vous était soumise.
C'est pour cela que je demandais votre attention, cher Maurice. Des 27
sites...
M.
Bayenet (PS). Tu essaies de me les citer.
M.
Borsus
(MR). ...il n'en reste que 13 dans la liste reprise dans la
décision du
Gouvernement de février. Comment se fait-il que sur des matières aussi
sensibles, aussi importantes, la liste ait été modifiée en l'espace
d'un peu plus de deux mois ? Sur 3.500 sites gravement problématiques
ou qui posent question, on en détermine 253 qui sont les plus graves,
les plus inquiétants, pour fixer ensuite une liste qui doit être
traitée en priorité, composée de 27 sites au 1er décembre. Mais le 1er
décembre, finalement, le Gouvernement ne décide pas. Début février, il
arrête une liste de 27 sites mais où la moitié des sites sont
différents. Mais plus fort, mon cher Maurice, je te sens inquiet,
crois-tu qu'il sagit des 27 sites parmi les 253 qui seraient les plus
dangereux ?
M. Bayenet (PS). Non !
M. Borsus
(MR). Absolument pas! Le Gouvernement choisit 20 sites parmi ceux
repris par la SPAQuE comme étant les plus pollués mais 7 sites viennent
de l'extérieur. Lorsque j'interroge, il y a deux jours, le Ministre
Antoine, concernant cette variation infernale de priorités pour le
Gouvernement, il m'indique que c'est la SPAQuE qui a choisi et qui a
décidé. Il faudra m'expliquer, Monsieur le Ministre, comment, en
l'espace de deux mois, la moitié de la liste a varié. Par ailleurs,
Monsieur le Ministre, je me suis permis d'interroger votre excellente
collègue,
Mme Fonck, à la
Communauté française, afin de connaître son analyse des 253 sites les
plus pollués établis dans cette liste régionale. Et que m'a-t-elle
répondu ? Je tiens les questions écrites et les réponses à votre
disposition. Je me permets de citer Mme Fonck: «
Lorsqu'un risque important
pour la santé est identifié, suite notamment aux conclusions d'une
évaluation des risques sanitaires, il convient de s'en référer sans
délai aux Ministre de la Santé et de l'Environnement pour qu'ils
prennent, en concertation et en fonction de leurs compétences
respectives, toutes les mesures utiles à court, à moyen et à long
terme. Pour le site concerné par la présente question parlementaire, il
fait l'objet d'une surveillance précise de la SPAQuE mais - cela vaut de l'or, malheureusement -
il ne nécessite pas la mise en oeuvre d'une procédure particulière et
n'est donc pas à reprendre dans la liste des sites générateurs des
risques les plus importants. ».
Monsieur le Ministre,
nous ne parlons pas ici d'un vague dossier administratif généralement
quelconque, nous parlons de santé publique, de définition de priorités,
de la vie des gens, nous parlons à titre subsidiaire et subséquent de
montants terriblement importants. Comment allez-vous m'expliquer,
Monsieur le Ministre, que la définition de ces 27 sites évolue dans le
temps d'une façon absolument incompréhensible ? En deux mois, la moitié
des sites ont changé, un quart des sites, que vous déterminez
aujourdhui, ne sont pas repris dans la liste de la SPAQuE et enfin,
Monsieur le Ministre, votre collègue les considère comme étant des
sites qui ne sont pas parmi les priorités quelle identifie en termes
de suivi.
Monsieur le Ministre, je me
permets de vous le
dire, nous parlons de santé publique et je pense que cela suffit. Je
demande, Monsieur le Président de la Commission de l'Environnement, des
Ressources naturelles, du Tourisme, de la Ruralité et de la Politique
agricole, que nous entendions à bref délai la SPAQuE concernant la
détermination de chacun de ces 27 sites. Je demande que la Conférence
de la Santé réunissant les ministres compétents sur ce dossier en
Communauté française et en Région wallonne, soit réunie sans délai et
que notre Parlement puisse enfin avoir une réponse précise, claire et
surtout apaisante pour la santé des gens. On sait que le choix porté
par le Gouvernement, c'est dabord celui du chiffre, du visuel, du
bulldozer. J'ai ici l'ensemble de vos déclarations, Monsieur le
Ministre, vous l'avez si souvent rappelé :
«
Ce qui est sûr,
cest que je veux qu'on avance.
». Monsieur le Ministre, le problème cest que dans ces dossiers-là, on
ne peut pas jouer aux apprentis sorciers. Tous les spécialistes vous
diront que pour être valablement caractérisé, un site doit
nécessairement faire l'objet de carottage précis, parce que l'on sait
que dans un site industriel, l'activité parfois a concentré la
pollution dans un endroit précis et dès lors aujourdhui...
M. le Président.
Monsieur Borsus, je donne la parole pour une minute à M. le Ministre
Antoine qui insiste beaucoup pour vous répondre.
M. Borsus
(MR). Monsieur le Ministre, vous pouvez effectivement répondre sur la
variation de la liste et pas pour tourner en rond éternellement autour
de la matière, j'en serais très heureux. Comment se fait-il que cette
liste comporte sept sites non prioritaires par rapport à celle de la
SPAQuE ?
M. Antoine, Ministre du Logement, des Transports et du Développement
territorial .
Je remercie le Président de m'avoir donné la parole parce que je
l'avais sollicitée sur plusieurs points de votre intervention.
Très calmement et avec beaucoup de raison,
parce que face à votre passion débordante aujourdhui, et
malheureusement aujourdhui...
M.
Borsus (MR). Je suis
intervenu 20 fois, j'ai posé 200 questions... Ce nest pas
aujourdhui et
rien qu'aujourdhui.
M. le Président . Monsieur
Borsus, laissez parler le Ministre.
M. Antoine, Ministre du Logement, des
Transports et du Développement territorial. Mon
prédécesseur disposait de 16 millions deuros par an. Ce qui fait pour
la période...
M. Borsus (MR). Vous ne répondez pas à ma question.
M. Antoine, Ministre du
Logement, des Transports et du Développement territorial.
Je vais y venir. Nous disposons de 450 millions, premier chiffre.
M. Borsus
(MR). Vous les galvaudez, Monsieur le Ministre !
M. Antoine, Ministre du Logement, des
Transports et du Développement territorial. Avec vos
16 millions d'euros, vous n'auriez pas fait grand-chose.
Deuxième élément, la Cour des comptes, rendant un avis sur la gestion
de M. Foret, a conclu quil fallait huit ans pour assainir...
M. Borsus
(MR). J'ai commencé mon propos en soulignant le raccourcissement des
procédures.
M. Antoine, Ministre du Logement, des Transports et du Développement
territorial.
...y compris pour des terrains non pollués. Troisièmement, oui,
nous
avons simplifié la procédure pour les terrains non pollués parce qu'il
n'y a aucun intérêt...
M. Borsus (MR). La sélection des sites...
M. Antoine, Ministre du
Logement, des
Transports et du Développement territorial. Monsieur Borsus, je vous ai écouté avec plaisir. Ou vous parlez tout
seul pour vos amis ou les caméras, ou vous me laissez parler.
Nous avons simplifié la procédure parce que
nous considérons qu'il n'y a pas d'imposition urbanistique lorsqu'il
s'agit d'assainir.
M. Borsus (MR). Tout cela, on le sait.
M. Antoine, Ministre du Logement, des
Transports et du Développement territorial. Quatrièmement, vous nous avez demandé en commission vous avez la
mémoire courte d'expliquer la procédure. M. Dachouffe qui est ici
présent, directeur de l'administration, vous la expliquée en long et
en large, c'est dans le rapport.
Cinquième
élément, nous avons publié des
listes en décembre et en février. En décembre, il sagissait de deux
listes des sites non pollués ou des sites non pollués dont la Région se
rendrait propriétaire parce que le propriétaire était défaillant et que
nous voulions aller de lavant.
En février,
nous avons arrêté une nouvelle liste...
M. Borsus (MR). Cest
inexact, Monsieur le Ministre.
M.
Antoine, Ministre du Logement, des
Transports et du Développement territorial. ...sur proposition de la SPAQuE et M. Adam était là - demandez
aux
journalistes - pour présenter les sites avec nous. Le seul critère
retenu a été limpact sur lenvironnement et la santé des riverains et
tout cela a été fait...
M. Borsus
(MR). Comment se fait-il que cette liste évolue en quelques semaines
de façon aussi considérable, Monsieur le Ministre ? Répondez à la seule
question que je vous pose. On peut faire tout l'historique, depuis M.
Lutgen, de toute la matière, l'historique international...
M. le Président.
Monsieur Borsus, laissez parler M. le Ministre Antoine.
M. Antoine, Ministre du Logement, des
Transports et du Développement territorial. Monsieur le Président, je veux simplement dire que dans le cadre du
Plan Marshall, ce sont des moyens considérables qui sont débloqués,
c'est un assouplissement de la législation. Nous travaillons avec le
bulldozer pour les sites non pollués et reprenez mes propos, avec la
taupe pour les sites pollués parce que là, il y a une rigueur
scientifique à déployer et nous n'avons pas modifié le décret « Sols »
pour les sites pollués.
M. Borsus
(MR). Monsieur le Ministre ceci doit peut-être vous rappeler des
souvenirs, je me permets de vous reposer, à nouveau, la question.
Qu'est-ce qui
fait
que la liste a été changée pour moitié entre décembre et février ? Je
ne parle pas de la liste de rénovation des sites paysagers. Il y avait
deux points inscrits à l'ordre du jour du 1er décembre j'ai les
documents et il y avait la liste des sites pollués. Parmi les 27
sites, 14 ne se retrouvent pas dans votre décision du 6 février.
Deuxième question, Monsieur le Ministre,
pourquoi cette liste compte-t-elle sept sites qui ne sont pas repris
parmi les 253 sites les plus pollués déterminés par la SPAQuE elle-même
? Ma question est très simple, je peux m'arrêter là. Répondez-moi,
donnez-moi l'explication rationnelle et je retournerai à ma place.
M.
Antoine, Ministre du Logement, des Transports et du Développement
territorial. Le Gouvernement a tranché et seule sa décision finale importe. Tout
le reste, ce sont des travaux préparatoires, vous ne lignorez pas.
M.
Borsus
(MR). Dans une démocratie, il est de bon ton d'expliquer les
décisions prises par une autorité quelle quelle soit. Surtout devant
son Parlement.
M. Antoine, Ministre du Logement, des Transports et du Développement
territorial. Mais la preuve, tout est transparent. Vous avez tous les éléments, je
ne vous ai jamais rien caché. Je réponds inlassablement chaque semaine
à toutes vos questions avec la plus grande précision. J'ajoute...
M. Borsus
(MR). Monsieur le Ministre, répondez. Pourquoi y a-t-il sept sites
parmi ceux retenus par le Gouvernement qui ne sont pas considérés par
la SPAQuE elle-même comme les sites les plus dangereux ?
M. Antoine, Ministre du Logement, des
Transports et du Développement territorial. Ma réponse est très simple. Nous avons arrêté la liste en
concertation avec la SPAQuE et M. Adam était là lors de la
présentation. Point final.
M.
Borsus
(MR). Tout cela, je ne l'ignore pas. Monsieur le Président, nous
parlons de santé publique, nous parlons de dossiers essentiels. Je pose
deux questions simples au Ministre en charge du dossier, je n'ai pas la
moindre réponse, si ce n'est l'historique du dossier et la description
que j'avais rappelées en préambule de mon intervention de la
décision du Gouvernement.
Monsieur le Ministre,
puis-je, pour paraphraser un Ministre du Gouvernement wallon, pour la
troisième fois, vous poser la question et vous demander pourquoi cette
liste a changé pour moitié en deux mois et pourquoi sept sites ne sont
pas considérés par la SPAQuE elle-même comme étant parmi les plus
dangereux ? Nous ne parlons encore ici que des plus dangereux parmi les
dangereux, je vous rappelle qu'il y a 3.500 sites, nous discutons des
253 les plus gravement dangereux et parmi ceux-ci, seulement 27 retenus
par le Gouvernement. Ma question est simple, Monsieur le Ministre, elle
est univoque. Dites-moi simplement pourquoi ces sites-là et pas
d'autres.
M. Antoine, Ministre du Logement, des Transports et du Développement
territorial. Chers Collègues, je vous le répète très calmement, nous avons retenu
deux critères prépondérants : limpact sur l'environnement et la santé
des riverains. Après consultation à la SPAQuE, la liste définitive a
été arrêtée par le Gouvernement et vous la connaissez. Cest une
première liste, elle sera complétée par une seconde eu égard aux moyens
dont nous disposons aujourdhui. J'ajoute, Monsieur Borsus, très
calmement aussi, qu'un colloque européen a eu lieu à Nantes, réunissant
les 25 pays de l'Union confrontés au même problème, à savoir assainir
le passé. Et lorsqu'il s'agit d'assainir un site pollué, vous le savez
comme moi, la facture est considérable.
M. Borsus (MR). Nous ne
lignorons pas.
M. Antoine, Ministre du Logement, des Transports et du Développement
territorial. Vous évoquez les propriétaires, ils sont
souvent défaillants et lorsqu'ils ne le sont pas, ils sont aujourdhui
sanctionnés.
M. Borsus
(MR). Je vous propose, Monsieur le Président, de clôturer mon
intervention. Je souhaite renouveler formellement et solennellement ma
demande d'une réunion urgente et conjointe de la Commission de
l'Environnement, des Ressources naturelles, du Tourisme, de la Ruralité
et de la Politique agricole et de la Commission de l'Action sociale et
la Santé pour l'analyse réelle de cette liste des 27 sites. Je demande
également au Gouvernement de réunir d'urgence une Conférence
interministérielle de la Santé. Il y va de l'avenir d'un grand nombre
de nos concitoyens (
Applaudissements
sur les bancs du MR).