« Et que je t'enfume... »

Un_certain bilan de parcours sur l'état de la Wallonie


Le Ministre-Président du Gouvernement wallon, M. Di Rupo, a présenté il y a peu un bilan de parcours du Gouvernement au Parlement wallon (pages 6-13, et commentaires en pages 28-47). Il apparaît au fur et à mesure que cet "exercice" relève de la mystification, en effet les tranches statistiques choisies apparaissent comme les plus avenantes et, de plus, elles ne sont pas nécessairement fiables d'après l'avis d'autorités compétentes. Ainsi, plusieurs sources autorisées critiquent ce compte-rendu du Gouvernement, l'une d'elles souligne particulièrement le côté fumiste de la stratégie utilisée. C'est celle de l'intervention du député Willly Borsus que nous avons reprise ici, son intervention s'adresse au Ministre-Président du Gouvernement wallon :



L'ANALYSE DE L'EXPERT MICHEL QUÉVIT


Source : P.W. - C.R.A. 13 ( 2006-2007) - mercredi 14 février 2007, pages 38-39.

M. Willy Borsus (MR). – Vous avez certainement eu votre attention attirée par l'analyse rapportée de Michel Quévit. Celui-ci faisait savoir : « Je ne dis pas que la Wallonie n'a rien fait, mais il reste beaucoup à faire. » ; et lorsqu'on l'interrogeait sur le Plan Marshall, il faisait savoir qu'il y avait :« trop peu, pas assez ». J'ai, depuis, entendu des réactions d'universitaires de la Région wallonne par rapport aux chiffres qui avaient été présentés. J'ai également été étonné par la réaction de M. Charles Picquet, qui faisait savoir que la comparaison des chiffres devait se faire par trimestre, et non annuellement. En outre, le Ministre-Président flamand mettait en cause les chiffres présentés.

Quand on observe plus attentivement la présentation qui a été faite, on remarque que vous avez cité l'étude de la société Gredon, selon laquelle il y aurait eu création de 17.000 entreprises. Or, lorsque je consulte les bases statistiques, je remarque qu'il y en a eu à peine plus de 6.000.

Qui plus est, je remarque que, concernant les faillites, vous avez arrêté vos chiffres à novembre 2006, alors que, si vous y aviez inclus ceux de décembre 2006, les données auraient été tout à fait différentes. Situation relativement analogue pour le chômage, où vous avez pris en exemple la période allant de juin 2004 à juin 2006, alors que, si les dates avaient été légèrement décalées, les chiffres se seraient retrouvés dans un segment largement différent.

Je souhaiterais donc connaître votre réaction à ces déclarations. Le professeur Michel Quévit fait autorité en Région wallonne. De plus, les autres Ministre-Présidents mettent en cause les chiffres que vous avez avancés. Enfin, concernant les chiffres de l'IWEPS, le Ministre Marcourt nous disait, il y a peu : « Je n'ai aucun confiance en la fiabilité de leurs chiffres. ».

Je me pose la question, Monsieur le Ministre-Président, de savoir si vous ne nous avez pas magistralement enfumé lors de votre déclaration.

M. Elio Di Rupo, Ministre-Président du Gouvernement wallon. – Je passerai sur les derniers mots de l'orateur, sans doute dus à l'effet de son envolée lyrique.

Monsieur Borsus, vous donnez l'impression d'être un débat en retard. C'est votre droit. Cependant, ce débat, nous l'avons déjà eu.

Je suis prêt à vous remettre mes chiffres. Si vous avez un doute, je peux vous les envoyer. Dans le texte, vous constaterez que toutes les références sont présentes. De plus, quelle que soit votre appréciation, sachez que les chiffres ont été largement vérifiés.

Michel Quévit, selon la formule consacrée : « Dieu sait si je le connais ». J'ai travaillé avec lui au Cabinet du Ministre Dehousse et j'apprécie la qualité intellectuelle de son travail.

Vous me parlez, Monsieur Borsus, de la Wallonie. Je vous remercie de considérer que la Wallonie, c'est le Gouvernement. Si je suis flatté, il n'empêche que la Wallonie est constituée de l'ensemble des acteurs wallons, dont le Gouvernement.

Michel Quévit a déclaré qu'il aimerait que ce Plan Marshall soit un peu plus étoffé dans les deux directions que sont la formation et la recherche scientifique. C'est ce que nous avons fait et ce que nous avons compris. Ainsi, nous avons investi dans la formation post-scolaire quelques 250 à 260 millions d'euros. Il en a été de même pour la recherche scientifique. Nous comprenons donc son analyse. Qui plus est, pour vous être agréable, comme je vous apprécie, j'ai décidé d'inviter Michel Quévit au Gouvernement afin de l'entendre.

M. Willy Borsus (MR). – Je vous remercie pour cette réponse. Elle dénote d'une attitude ouverte. Je juge effectivement opportun d'inviter M. Quévit au Gouvernement et je vous propose de l'inviter également en Commission de l'Economie du Parlement. Nous vous proposerons volontiers les noms d'autres analystes pour contribuer au débat et vider cette controverse relative aux chiffres, puisqu'il semblerait que les autres Ministres-Présidents aient mis en cause vos chiffres comparatifs.

M. le Président. – Ceci met fin à la série des questions d'actualité.




Accueil
Veille Parlement wallon
Lecture
Serge Kubla  enfonce le clou
...encore une fois !
Des trimestres sur mesure